MES DERNIERES (BONNES) LECTURES

08/09/2018

Cet été, pendant que vous mangiez des tapas en Espagne ou que vous regardiez les bateaux en suçant des glaces à l'eau, moi, je lisais Les Vigilantes de Fabien Clavel.  Je n'étais pas exactement au bord de cette somptueuse piscine de milliardaire russe, mais la photo de ma chambre en bordel serait terriblement moins glamour que ce cliché volé par mon paparazzo officiel. Alors me voici de retour avec de la dynamite: une dystopie bien ficelée et pleine de rebondissements qui m'a agréablement surprise !  

Le résumé avait titillé mon instinct de Sarah Connor (ou de Katniss Everdeen, c'est pareil !). Voilà ce qu'on trouve au dos du livre :

Anna est une Vigilante. Sa mission : observer une famille d'opposants. Mais elle même se sent surveillée. Elle doit se méfier de tout le monde. Elle ne supporte plus la discipline imposée par le Parti. Et si l'heure de la révolte approchait ?

Dans cette histoire, des orphelins sont formés pour devenir la nouvelle armée du gouvernement en place, le Parti. Un gouvernement totalitaire même s'il se dit juste et parfait, comme dans toute dystopie qui se respecte. En fonction de leurs résultats, ces orphelins peuvent intégrer une des trois fonctions existantes: les Stratèges (les cadres, les dirigeants), les Vigilants (les espions, les traqueurs des dissidents), et les Corvini (sorte de police politique)..

Anna est une Vigilante. Sa mission consiste à surveiller une famille qui est soupçonnée d'être dissidente. En d'autres termes, on lui dit que ces gens pourraient tenter une attaque contre le gouvernement et se révolter. Elle doit donc rendre compte de chacun de leurs faits et gestes, jusqu'au jour où elle découvre certaines informations sur cette famille...

Et là j'arrête, sinon je vais vous spoiler !

Au début, je me suis dit: "Oh, non, encore une histoire bidon de monde totalitaire avec une gentille fille qui se révolte à la fin et qui sauve tout le monde !". Mais tout en ronchonnant contre l'uniformité de la production littéraire mondiale et intergalactique, j'ai réalisé que j'avais de plus en plus envie de tourner les pages... et de connaître la suite !

Il faut dire que l'action commence dès les premières pages. C'est rapide, efficace, les phrases sont courtes, pas alambiquées. L'auteur (voir photo ci-dessous) nous met en condition et nous présente très rapidement l'héroïne et le cadre dans lequel elle vit et va vivre désormais en tant que Vigilante. 

Certains diront que ça ne révolutionne pas le genre, car ça reste classique et simple.  Ok, c'est vrai, mais le bouquin tient la route (chose rare de nos jours) et c'est cette simplicité qui fait son efficacité et sa fluidité. 

Au début, j'avais un à priori sur le personnage d'Anna ("quelle cruche!") mais au fil des pages, cette héroïne a pris du relief, et j'ai vraiment stressé pour elle quand elle a commencé à prendre des risques. Pour moi, ce roman tient ses promesses. J'y ai trouvé de l'action, un bon scénario  et, inch'allah, pas de romance cucul-la-praline !

Le Foyer m'a fait passer un bon moment et j'ai très envie de savoir la suite. Car la fin (un cliffhanger de la mort qui tue) m'a laissée en carafe ! 

J'espère que le tome 2 nous donnera plus d'informations sur cet univers, plus de détails. Car c'est selon moi la seule chose qui pourrait bonifier l'ensemble. Ceci dit, quand on lit K.Dick ou Asimov, il n'y a pas forcément énormément de descriptions précises, c'est au lecteur qu'incombe le travail d'imagination. C'est donc une question de choix (de l'auteur) et de style (de roman). 

Ma conclusion: une histoire cohérente, bien pensée et bien menée qui, pour une fois, fait concurrence à mes américaines préférées, Veronica Roth et Suzan Collins.

Mais who is Fabien Clavel ?

J'ai fait un petit tour chez Wikipedia pour mener mon enquête façon Anna ! 

Fabien est né à Paris en 1978. Après avoir vécu à Pierrefonds (Oise), il a suivi des études de lettres classiques à Paris.

Tout en collaborant à divers jeux de rôles et au magazine Casus Belli, il publie, en 2002, aux éditions Mnémos, une série de romans inspirée du jeu Nephilim2, avant de se consacrer à ses propres univers.

Parallèlement, en 2007, il se lance dans la littérature jeunesse aux éditions Mango, à la fois en fantasy et en science-fiction. Sa série La Dernière Odyssée a été récompensée par deux prix.

Après avoir vécu en Hongrie entre 2007 et 2011 (ça se ressent dans le bouquin), où il a enseigné le français et le latin au lycée français de Budapest, il est revenu en France, où il donne des cours de français, de latin et de littérature et société au lycée Julie-Victoire Daubié à Argenteuil.

Il a été juré du prix Bob-Morane de 2015 à 2016. Il est également contributeur, avec Isabelle Périer, de la chronique « Antiquité et imaginaire » pour le site La Vie des Classiques. 

Fabien Clavel est d'abord un auteur de fantasy, qu'elle soit urbaine (la tétralogie Nephilim), parodique (Les Légions dangereuses), mythologique (La Dernière Odyssée), arthurienne (L'Apprentie de Merlin) ou encore historique (Le Châtiment des Flèches).

Mais il s'est également intéressé à d'autres genres des littératures de l'imaginaire, comme l'uchronie (La Cité de Satan), le space opera (L'Océan des Étoiles), le fantastique (Homo Vampiris), la science-fiction post-apocalyptique (Requiem pour Elfe Noir), ou plus récemment la bit lit (Le Miroir aux Vampires), le thriller (Décollage immédiat) et le steampunk (Feuillets de cuivre).

Son travail porte également sur la réécriture et l'adaptation de mythes classiques. Ainsi, dans La Dernière Odyssée, il imagine le retour de Troie d'un guerrier grec méconnu. L'Antilégende reprend l'histoire de Don Juan, revenu des enfers. Avec L'Apprentie de Merlin, il réinvente la geste arthurienne vue par les yeux de l'élève du célèbre enchanteur.

Voilà, c'est tout pour cette fois. J'espère que ça vous a donné envie de découvrir ce livre à la jolie couverture bleu lagon.  On se retrouve dimanche prochain avec un jeune auteur prometteur que j'ai découvert en festival... D'ici là, soyez sage et lisez de la SFFF !!!!